Evénement

Souffles_reedition

A l’initiative de la Fondation LAABI pour la culture, la commémoration du cinquantenaire de la création de la revue Souffles s’est déroulée à Rabat les 7, 8 et 9 avril 2016 à la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc. Dès que l’idée de cette célébration a pris forme, l’un des projets qui s’est imposé fut la réédition à l’identique, tant de la version française Souffles que de la version arabe Anfas. Lors de l’ouverture de la manifestation, le 7 avril 2016, nous avons été particulièrement heureux de révéler au public la nouvelle édition, parue chez La Croisée des chemins, Casablanca.

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Cette publication rassemble
- les actes du colloque qui s’est tenu lors de ces journées, et auquel ont contribué, outre un certain nombre d’« anciens » de Souffles, plus d’une trentaine d’universitaires et d’intellectuels originaires de plusieurs pays ;
- un florilège des textes de Souffles (poèmes, nouvelles, théâtre, manifestes, analyses…) ;
- un livret illustrant les diverses manifestations qui ont eu lieu à cette occasion, notamment l’exposition qui a réuni les tableaux d’époque de tous les peintres ayant participé à cette « saison ardente ».

 


 

La revue Souffles est née en 1966 au Maroc, de la rencontre de quelques poètes qui sentaient l’urgence d’une tribune et d’un renouveau poétiques. Mais, très vite, elle cristallisa autour d’elle toutes les énergies créatrices marocaines : peintres, cinéastes, hommes de théâtre, chercheurs, penseurs… Tout au long de son existence, elle s’est également ouverte aux cultures des autres pays du Maghreb et de ceux du Tiers Monde.
Interdite en 1972, Souffles est restée longtemps introuvable. Trop peu de bibliothèques peuvent la proposer à leurs lecteurs ou aux chercheurs, que ce soit au Maghreb, en France ou ailleurs. Et pourtant cette revue est incontournable pour qui veut travailler sur la littérature maghrébine, sur les problèmes de la culture nationale et de la décolonisation culturelle.
Autant de raisons qui nous ont amenés à mettre Souffles en ligne pour qu’elle soit à la portée des chercheurs et du public le plus large possible.


  

 

Après l’accord signé à Rabat en mai 2010 entre le conservateur de la BNRM (Bibliothèque nationale du royaume du Maroc) et Abdellatif Laâbi, l’intégralité de la revue Souffles en français et Anfas en arabe a été numérisée et mise à la disposition du public. Elle est dorénavant consultable à l’adresse :

Tout en nous réjouissant de cet heureux événement, nous pensons avec gratitude à nos amis universitaires américains Thomas Spear, Carole Netter et Anne George, qui ont eu l’idée, il y a plusieurs années, de mettre en ligne la revue Souffles. Ils ont ainsi rendu un immense service à la culture marocaine

 



Revue de presse
 
 

« Ce mince opuscule contient de la dynamite. Les hommes qui nous parlent ont déjà laissé derrière eux le temps des gammes et des vocalises. Ils ont moins de 30 ans, mais, à travers une expérience mouvementée, douloureuse du monde, ils témoignent d’une lucidité, d’une présence rares. »
Politique-Hebdo, 1966
 
 
« La revue Souffles devint rapidement un carrefour de création et de réflexion pour les nouvelles générations marocaines avides de libérer leur pays, de lui restituer une identité, de lui offrir un futur. Souffles a été lue à travers tout le Tiers Monde. »
Les Nouvelles littéraires, 13 mars 1980
 
 
« C’est une revue fondamentale, nécessaire à qui veut comprendre l’itinéraire culturel, social contemporain du Maroc et, par-delà le Maroc, du Maghreb, des pays arabes, du Tiers Monde dans sa totalité. »
La Quinzaine littéraire, 1982
 
 
« La revue Souffles eut le temps en sept années d’existence de marquer la vie littéraire, tant au Maroc qu’au Maghreb, avant son interdiction.  Cette revue représente une cassure déterminante – par son projet – dans la vie littéraire tant marocaine que maghrébine. »
Itinéraires et contacts de cultures. Littératures du Maghreb, éditions L’Harmattan, 1984
 
 
« Un véritable mouvement littéraire et culturel, avec ses manifestes, ses actions, ses débats, ses critiques, puis ses orientations résolument idéologiques, se cristallise autour de la revue, influençant toute une génération d’intellectuels, d’écrivains et de plasticiens. Né ailleurs que dans un pays du Tiers Monde, un tel mouvement aurait peut-être été comparé à celui des futuristes russes ou des surréalistes français. En tout cas, les poètes de Souffles sont doublement hérétiques : ils utilisent la langue française, et ils la sculptent à la dynamite. »
Notre Librairie, n° 83, avril-juin 1986

 

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